2 mai 2008
Les différents temps d’apprentissage sont traditionnellement séparés en temps de cours d’un côté et travail “ à la maison ” de l’autre. Cependant le temps en classe intègre depuis plusieurs années des moments de travail individuel des élèves. Limiter le temps en classe recentre l’activité en classe sur le cours, renvoyant tous les moments de répétition, de réinvestissement du cours et de travail individuel à l’extérieur du cours. La situation ainsi créée se révèle ségrégative et semble creuser encore plus les inégalités d’ordre social. Un élève en difficulté, dépourvu de repères scolaires dans son milieu familial, n’a que peu de chances réelles de trouver des solutions, de reprendre confiance et risque fort de s’installer dans l’échec. L’autonomie cela s’apprend, se construit…
Pourquoi les enseignants donnent-ils du travail à la maison, pourquoi les parents souvent en demandent-ils ? • On n’apprend pas sans une implication personnelle, sans un minimum de travail personnel, de retour sur ce que l’on a vu, entendu, compris. Ceci ne va pas de soi pour tous les élèves. Cette question rencontre la dynamique du développement psychologique des adolescents et de leur rapport au savoir. • Toutes les disciplines, à des degrés divers et sous formes diverses, exigent un travail d’entraînement, de répétition parfois, de recherche personnelle, d’imprégnation. • Le travail à la maison peut aussi être un lien entre l’école et la famille. C’est à l’occasion de ce travail que l’élève peut éviter la séparation entre les deux mondes.
Le SNES demande que l’on reconsidère le nombre d’heures de cours des élèves avec le souci d’une prise en compte dans ce temps des différentes activités d’apprentissage. A tous les niveaux, une réelle alternance d’heures en petits groupes et d’heures en classe entière - permettrait un suivi plus individualisé des élèves, un repérage et une prise en compte plus précoces des difficultés, une réelle mise en place de pédagogies différenciées, - améliorerait les rapports entre professeurs et élèves, entre l’élève et les savoirs, - pourrait réduire grandement le temps de travail dit “ à la maison ” et son importance dans les acquisitions des savoirs. Le travail personnel de lecture, de mémorisation, de répétition voire de recherche s’en trouverait facilité. Le collège doit rester le lieu privilégié de l’accès aux savoirs notamment pour les élèves des milieux défavorisés. En lycée, la classe de seconde devait être prioritaire pour la mise en place généralisée de petits groupes ou de “ modules ” dans toutes les disciplines en limitant l’augmentation éventuelle de l’horaire-élève par discipline.
Le temps en dehors de l’école :
La demande de réduction du temps de travail de l’élève n’a pas que des motifs éducatifs. A la volonté ministérielle de réduire le nombre de fonctionnaires s’ajoutent des phénomènes exogènes
pression sociale sur une autre organisation de la semaine (ex : fermeture des établissements le samedi matin)
activité salariée des élèves de lycée qui se pose de plus en plus, en particulier dans les séries technologiques tertiaires. On ne peut ignorer ce phénomène qui touche en premier lieu les enfants issus des catégories sociales les plus défavorisées et génère des inégalités importantes. Il est parfois aussi à l’origine d’un absentéisme plus ou moins chronique.
Une large réflexion doit être engagée à partir d’une étude la plus fine possible sur l’ampleur de ce phénomène et les catégories d’élèves qu’il concerne. Elle doit s’accompagner de l’affirmation que tout lycéen doit avoir les moyens matériels et financiers de poursuivre ses études sans avoir recours à une activité rémunérée, et de la volonté de se donner les moyens d’y parvenir.